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Commémorations des 60 ans de la Révolution de 1956 – photos

Les Magyars se sont souvenus en ce 23 octobre de l’éclatement de la Révolution de 1956, une page héroïque tout en étant tragique de l’histoire du pays. En plus des commémorations officielles, de nombreux évènements culturels se sont tenus. Retour sur cette journée de mémoire.

Cette année, la Hongrie commémore le 60ème anniversaire du soulèvement et c’est la raison pour laquelle 2016 a été officiellement baptisée « l’année de la liberté hongroise » et qu’un comité de mémoire a été créé et chargé entre autres d’organiser des manifestations culturelles autour de la Révolution. C’est ainsi que partout à Budapest, des affiches ont été placées présentant des héros du soulèvement de 1956, hommes et femmes, mineurs et adultes.

« Un peuple a dit : Assez ! » – Márai Sándor

La journée a débuté avec le traditionnel lever de drapeau sur Kossuth Lajos tér, l’esplanade du Parlement, à Budapest, en présence du Premier ministre Orbán Viktor et du président Áder János.

Discours d’Andrzej Duda et d’Orbán Viktor devant le Parlement

A partir de quinze heures, une cérémonie s’est tenue sur Kossuth tér avec la lecture de témoignages d’époque et la projection de scènes jouées par des comédiens. C’est ensuite que le Premier ministre hongrois et le chef d’État polonais ont prononcé leur discours.

Le président de la Pologne Andrzej Duda sur l'estrade durant la cérémonie officielle devant le Parlement. (Photo : MTI/Koszticsák Szilárd)

Le président de la Pologne Andrzej Duda sur l’estrade durant la cérémonie officielle devant le Parlement. (Photo : MTI/Koszticsák Szilárd)

Andrzej Duda a entamé ses paroles en citant en hongrois puis en polonais le message de tracts durant la Révolution qui exigeaient « une amitié polono-hongroise » ainsi que « la prospérité et la liberté ». Concernant 1956, il a déclaré : « Les participants du soulèvement ouvrier de Poznan considéré comme un aperçu de la Révolution hongroise voulaient la même chose : une vie digne et la liberté, tout ce que le communisme leur a ôté. Les Hongrois sont allés encore plus loin en réclamant le retrait des troupes soviétiques, l’indépendance, l’autonomie et le pluralisme. L’Union Soviétique qui régnait sur la région ne pouvait accepter cela et a envoyé ses chars pour briser les Hongrois agités. Des milliers de personnes sont mortes, vous avez payé lourd tribut, mais après tout, quelques décennies plus tard, vous avez réussi à regagner votre liberté au prix de nombreuses souffrances et victimes. »

A propos de l’amitié entre les deux peuples, le président de la Pologne a terminé son discours en disant : « Vous, Hongrois, avez toujours été nos amis. Vous pouvez compter sur la Pologne même dans les moments les plus difficiles. Les deux pays portent ensemble la tradition chrétienne millénaire de l’Europe et ne la laisseront prendre par aucun moyen, tout comme personne ne peut leur enlever leur liberté. Que Dieu bénisse la Pologne, la Hongrie, gloire aux héros de la Révolution hongroise ! Bénis le Hongrois, ô Seigneur ! ». Cette référence au premier vers de l’hymne hongrois a engendré une très forte acclamation de la part de la foule dans laquelle se trouvaient également de nombreux drapeaux polonais.

Andrzej Duda, Áder János et Orbán Viktor. A l'arrière plan, le message

Andrzej Duda, Áder János et Orbán Viktor. A l’arrière plan, le message « Vive la liberté hongroise ! Vive la patrie ! ». (Photo : MTI/Koszticsák Szilárd)

Orbán Viktor a pris la parole à son tour en nommant le 23 octobre de « journée de la fierté » : « Grâce aux héros de 1956, nous avions de quoi être fiers même durant les années les plus sombres de l’Histoire hongroise, pendant l’occupation soviétique. Les Hongrois n’abandonnent jamais la liberté. En octobre 1956, le cours de l’Histoire a pris un tournant. C’est la révolution contre le monde communiste qui a éclaté à la place d’une révolution universelle communiste prédite et nous avons envoyé le message suivant à l’Occident : que l’Union Soviétique était vulnérable. Nous avons survécu au communisme et à l’occupation soviétique et aujourd’hui, c’est avec la tête haute, au sommet de notre force et en étant les enfants confiants d’une Hongrie forte que nous sommes ici. Nous avons renversé l’état communiste au parti unique, renvoyé les Soviétiques et guérit notre patrie des complications de la dictature. En 1956, le communisme soviétique que l’on croyait imperturbable a subit une blessure telle qu’il n’a jamais pu se reconstruire. Le diable l’a ensuite emporté avec ses dirigeants après 1956 ».

Le chef du gouvernement hongrois a ensuite dressé un parallèle avec la politique européenne actuelle en déclarant « nécessaire de sauver Bruxelles d’une soviétisation par le fait qu’ils souhaitent décider à notre place avec qui et comment nous devons vivre dans notre propre patrie ». Il a ajouté : « Nous, Hongrois, voulons rester une nation européenne et non un peuple en Europe. En tant qu’héritiers de 1956, nous ne pouvons pas accepter que l’Europe coupe ses racines qui l’ont rendu si grande jadis et qui nous ont aidé à survivre à l’oppression communiste. Il n’y a pas d’Europe libre, forte, prestigieuse et respectable sans une force qui fasse vivre les nations et sans la sagesse de deux millénaires de chrétienté. L’Histoire pousse tous les trente ans la Hongrie au cœur des débats sur l’avenir de l’Europe : en 1956, lorsque nous avons voulu repousser le rideau de fer à nos frontières orientales, en 1989 quand c’est nous qui devions ouvrir la frontière afin que les Allemands se retrouvent et en 2015-2016, c’est à nous de fermer la frontière pour arrêter la vague migratoire qui déferle depuis le sud ».

Orbán Viktor sur l'estrade devant le Parlement. (Photo : MTI/Koszticsák Szilárd)

Orbán Viktor sur l’estrade devant le Parlement. (Photo : MTI/Koszticsák Szilárd)

Le Premier ministre a parlé d’une « amitié millénaire entre deux nations courageuses qui aiment la liberté » pour qualifier la relation entre Polonais et Hongrois. « Que Dieu protège la Pologne » a-t-il dit. Il a terminé son discours en « gloire aux braves » puis par son traditionnel « Allez, la Hongrie, allez, les Magyars ! ».

L’évènement a été perturbé par un groupe de quelques centaines de manifestants que les forces de l’ordre ont empêché d’entrer dans la foule. Cependant, le bruit de leurs munis de sifflets et klaxons était audible malgré tout et se sont honteusement prolongés pendant les hymnes polonais et hongrois à la fin de la cérémonie.

Des inaugurations et de nombreux évènements culturels

Durant toute la journée, le Musée de la Terreur accueillait gratuitement les visiteurs avec une exposition dans laquelle, grâce à une technologie virtuelle, des scènes de la Révolution pouvaient être visionnées à travers des lunettes. Des rames de tramway contemporains de la Révolution ont également circulé sur différents tronçons à Budapest avec des crieurs publics annonçant les nouvelles de l’époque. Un char soviétique a été exposé dans l’impasse Corvin tandis qu’un monument a été inauguré sur Móricz Zsigmond körtér. Des combats se sont déroulés pendant la Révolution entre autres à ces deux endroits de la capitale.

Parmi les évènements culturels, l’on peut citer le grand concert intitulé « Concert de la Liberté » à la Sportaréna, une douzaine de programmes dont un gala à l’Opéra. Le cinéma Uránia a proposé de son côté la projection d’un film documentaire sur le destin tragique de Tóth Ilona, une jeune médecin qui a pris part aux combats en 1956 avant de se faire arrêter puis d’être condamnée à mort suite à un procès-spectacle l’année suivante. Un centre d’enseignement ainsi qu’une maison-mémorial ont été créés sur son lieu de naissance, dans le 16ème arrondissement de Budapest. Une fresque murale représentant la couverture du magazine américain Time du 7 janvier 1957 attribuant le titre de Personnalité de l’Année aux révolutionnaires hongrois a quant à elle été réalisée sur la façade d’un immeuble du centre-ville, sur Wesselényi utca.

La couverture du magazine Time rendant hommage aux révolutionnaires de 1956 sur la façade d'un immeuble de Wesselényi utca. (Photo : MTI/Balogh Zoltán)

La couverture du magazine Time rendant hommage aux révolutionnaires de 1956 sur la façade d’un immeuble de Wesselényi utca. (Photo : MTI/Balogh Zoltán)

Beaucoup se sont rendus à la parcelle 301 du cimetière de Rákoskeresztúr, dans le 10ème arrondissement, où ont été enterrés un grand nombre de martyrs de la Révolution tels que Nagy Imre ou encore Tóth Ilona. Les visiteurs ont déposé des fleurs sur les tombes.

Outre-frontières, en Transylvanie, c’est avec des processions aux flambeaux que les Magyars ont commémoré le début de la Révolution de 1956. L’évènement principal a eu lieu à Kolozsvár, capitale de la région, au monument de 1956 dans le Parc Central avant une soirée de gala au Théâtre Hongrois d’État. En Voïvodine, c’est dans les villes de Zenta et Szabadka que les commémorations officielles se sont tenues.

Des gerbes déposées au pied du mémorial de 1956 à Kolozsvár. (Photo : maszol.ro)

Hongrie Actuelle – avec MTI

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