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Groupe de Visegrád : unanimité au sommet de Prague

Ce lundi, les chefs de gouvernement des quatre pays membres du Groupe de Visegrád (V4) ainsi que deux invités se sont rencontrés à Prague, étape importante avant un sommet européen jeudi prochain. L’immigration était naturellement au cœur des débats et c’est en étant entièrement d’accord les uns avec les autres que les présidents et Premiers ministres ont présenté leurs synthèses à la presse.

De gauche à droite : Robert Fico (Slovaquie), Beata Szydło (Pologne), Gjorge Ivanov (Macédoine), Bohuslav Sobotka (République tchèque), Bojko Borisov (Bulgarie) et Orbán Viktor (Hongrie) à l'occasion d'un sommet exceptionnel du Groupe de Visegrád à Prague. (Photo : Bureau de Presse du Premier ministre / Szecsődi Balázs)

De gauche à droite : Robert Fico (Slovaquie), Beata Szydło (Pologne), Gjorge Ivanov (Macédoine), Bohuslav Sobotka (République tchèque), Bojko Borisov (Bulgarie) et Orbán Viktor (Hongrie) à l’occasion d’un sommet exceptionnel du Groupe de Visegrád à Prague. (Photo : Bureau de Presse du Premier ministre / Szecsődi Balázs)

La République tchèque assurant la présidence tournante du Groupe de Visegrád, c’est donc à Prague que se sont réunis les dirigeants des pays membres, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie, ainsi que deux pays invités, la Macédoine et la Bulgarie, fortement concernées par la crise migratoire. Tous étaient d’accord sur les points suivants :

  • une solution européenne commune est nécessaire pour résoudre le problème;
  • les frontières extérieurs de l’Union européenne doivent être protégées;
  • la Grèce doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de Schengen;
  • les pays des Balkans doivent eux aussi faire partie des débats;
  • un « plan B », c’est-à-dire une deuxième ligne de défense des frontières (Grèce–Macédoine et Grèce–Bulgarie) doit être mise en place si aucun accord n’est trouvé avec la Grèce et la Turquie.
Les routes de l'immigration en 2015/2016 dans les Balkans et en Europe centrale. (Graphisme : Hongrie Actuelle)

Les routes de l’immigration en 2015/2016 dans les Balkans et en Europe centrale. (Graphisme : Hongrie Actuelle)

Chacun à leur tour, les chefs d’États et de gouvernement ont pris la parole pour livrer leurs impressions sur les discussions qui se sont achevées ainsi que sur la marche à suivre. En marge d’une rencontre de nouveau cruciale entre les membres de l’UE, il était important que le Groupe de Visegrád et ses alliés soient parfaitement en accord pour pouvoir peser dans la balance de Bruxelles face à l’Europe occidentale.

En 2005, je faisait partie de ceux qui pensaient que l’on n’aurait plus besoin du Groupe de Visegrád, puisque nos quatre pays avaient tous intégré l’Union européenne un an avant. Mais qui pouvait croire que plus d’une décennie plus tard, le Groupe de Visegrád allait être plus nécessaire que jamais. L’Europe centrale prouve en ce moment qu’elle sera sous peu le moteur économique et la région la plus sûre du continent. Nous constatons que la politique migratoire européenne a échoué, elle n’a créé que du terrorisme, de la violence et de la peur. Les deux grands enjeux de cette année 2016 seront donc l’immigration et la sécurité. La Hongrie participera activement à la création d’une deuxième ligne de défense si nécessaire et soutiendra l’entrée de la Bulgarie dans l’espace Schengen car elle a prouvé qu’elle était capable de défendre ses frontières.
Orbán Viktor, Premier ministre hongrois

Nombre d'entrées illégales en Hongrie en 2015.

Nombre d’entrées illégales en Hongrie en 2015.

Voici à présent les déclarations principales des autres dirigeants :

Bohuslav Sobotka, chef du gouvernement tchèque et hôte du soir – Le Groupe de Visegrád est ouvert et peut intégrer ses partenaires lors de crises importantes pour trouver une solution commune. Le V4 ne laissera pas les Balkans livrés à eux-mêmes. Nous n’avons plus beaucoup de temps, les mesures doivent désormais se réaliser.

Robert Fico, Premier ministre slovaque – Le V4 est une pièce très importante de l’Union européenne. Certaines figures politiques européennes manquent de réalisme sur la question migratoire. Les attaques contre le V4 selon lesquelles nos pays ne seraient pas solidaires sont infondées puisque nous offrons depuis plusieurs mois de l’argent et des moyens physiques et techniques pour défendre les frontières extérieures. La Slovaquie n’a pas invité de migrants chez elle, nous ne laisserons donc pas notre pays être déstabilisé comme d’autres.

Beata Szydło, Premier ministre polonaise – L’Europe fait actuellement face à de grands défis. Nous avons établi des propositions réalistes qui pourraient mener à une solution. Le V4 a donc une position unanime que l’Union européenne doit comprendre. Les pays des Balkans sont un complément à la solution européenne commune.

Gjorge Ivanov, président de la République de Macédoine – Tandis que le Groupe de Visegrád fête ses 25 ans, nous commémorons également le 25ème anniversaire de l’indépendance de la Macédoine à l’heure où l’Europe fait face à une grave crise, à laquelle nous avons tenté de trouver des solutions ce soir. Les militaires et policiers macédoniens, aidés par des contingents des pays du V4, contrôlent les déplacements des migrants en diminuant ainsi les risques d’insécurité. La Macédoine répond de manière responsable à la crise car elle ne fuit pas la question. C’est pourquoi nous demandons une garantie à l’UE que les solutions qu’elle proposera ne nous nuiront pas, qu’elles intègreront la Grèce et que des lois qui défendront les frontières nationales soient adoptées. Nous demandons une solidarité de la part de l’Union européenne pour que nous aussi, nous puissions être solidaires avec elle.

Bojko Borisov, Premier ministre bulgare – Le but de ce sommet était d’accélérer les discussions pour trouver une solution. Elle n’allait en aucun cas à l’encontre la Grèce, de la Turquie ou de n’importe quel autre pays de l’UE. Nous pensons que les frontières naturelles doivent êtres définitivement fermées, que seuls des points de passage officiels soient ouverts où les migrants puissent être enregistrés afin que ceux qui ne correspondent pas aux critères du droit d’asile soient renvoyés. Toutes ses mesures doivent être rapidement mises en place car le printemps approche à grands pas et si nous ne faisons rien, les conséquences seront catastrophiques. Nous prouvons en ce moment que nous en sommes dignes car c’est nous qui défendons la frontière extérieure de l’UE en empêchant l’immigration clandestine.

A l’occasion de son 25ème anniversaire, le Groupe de Visegrád a montré qu’il pouvait et devait jouer un rôle important en étant une force stable au sein de l’Union européenne.

Hongrie Actuelle

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