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15 mars : La Révolution de 1848-49 a éclaté il y a 167 ans – PHOTOS

Aux côtés du 23 octobre et du 20 août, l’un des jours de fête nationale en Hongrie est le 15 mars, date à laquelle a débuté la Révolution hongroise en 1848. Des commémorations se sont tenues partout dans le pays ainsi qu’outre-frontières, en Transylvanie.

Budapest

En présence du président de la République Áder János et du président de l'Assemblée Nationale Kövér László, des soldats hissent le drapeau hongrois sur la place Kossuth Lajos, devant le Parlement. (Photo : MTI/Máthé Zoltán)

En présence du président de la République Áder János et du président de l’Assemblée Nationale Kövér László, des soldats hissent le drapeau hongrois sur la place Kossuth Lajos, devant le Parlement. (Photo : MTI/Máthé Zoltán)

« Honneur aux braves ! ». C’est sous ce slogan que s’est déroulé ce jour anniversaire en mémoire des héros de la Révolution hongroise de 1848-1849. La journée a démarré sur la place Kossuth où le drapeau hongrois a été hissé lors d’une cérémonie officielle.

Le président du parti LMP Schiffer András tient un discours dans le café Pilvax, là où le poète Petőfi Sándor et ses compagnons ont démarré la Révolution hongroise 167 ans auparavant. (Photo :

Le président du parti LMP Schiffer András tient un discours dans le café Pilvax, là où le poète Petőfi Sándor et ses compagnons ont démarré la Révolution hongroise 167 ans auparavant. (Photo : MTI/Bruzák Noémi)

Puis tous les yeux se sont tournés vers le Musée National Hongrois, là où 167 ans plus tôt, le poète Petőfi Sándor a récité son célèbre poème Chant national devant une importante foule. Alors que les Budapestois qui s’y sont déplacés attendaient le discours du Premier ministre Orbán Viktor, des manifestants anti-gouvernement sont apparus en hurlant et en brandissant des panneaux. Cela n’a pas plu à la foule présente et des heurts ont eu lieu entre les deux parties obligeant les forces de l’ordre à intervenir. Des rassemblements anti-Orbán se sont d’ailleurs tenus à Budapest et à Pécs entre autres. Irrespectueux. Ridicule. Honteux. Alors que la Hongrie commémore une date majeure de son histoire, des provocateurs en profitent pour déverser une nouvelle fois leur haine d’Orbán Viktor dans les rues au lieu de se souvenir de ceux qui ont contribué à l’indépendance de la Hongrie vis-à-vis des Habsbourg. Heureusement, ces incidents ont été mineurs et n’ont pas perturbé le déroulement de cette journée de fête.

Egy magát újságírónak mondó, videokamerázó férfival (b) dulakodik egy másik az 1848-49-es forradalom és szabadságharc kitörésének 167. évfordulóján rendezett ál

Une scène qui n’aurait pas du avoir lieu un jour de fête nationale. (Photo : MTI)

Durant son discours, le Premier ministre hongrois a qualifié les marches du Musée National d’épicentre de la Révolution qui « a fait des Hongrois une remarquable nation ». « Le matin, six personnes ont quitté le café Pilvax, puis ont été rejointes par plusieurs centaines de personnes, à midi, ils étaient des milliers et l’après-midi, déjà plusieurs dizaines de milliers. Sans Facebook ». Selon lui, le 15 mars est la preuve « qu’il nous a été possible d’être au même niveau que des plus puissants que nous ». Bien que cette révolte ait finalement échouée, « nous nous sentions et nous nous sentons toujours aujourd’hui vainqueurs car nous savions que nous avions raison, le monde entier le savait à cette époque, même ceux qui nous ont réprimés », malgré le fait que la Hongrie a payé un lourd tribut car le Premier ministre, les martyrs d’Arad, le plus grand poète hongrois et près de 25000 soldats qui ont tous donné leur vie à la liberté et à la patrie.

Les marches du Musée National Hongrois à l'occasion d'une cérémonie officielle. (Photo : MTI/Balogh Zoltán)

Les marches du Musée National Hongrois à l’occasion d’une cérémonie officielle. (Photo : MTI/Balogh Zoltán)

Orbán a estimé qu’en 25 ans, le peuple hongrois a compris l’importance de l’unité nationale : « ensemble ou d’aucune manière, voici un des enseignements de la Révolution de ’48 ». Selon lui, une nation hongroise forte est en train de se construire depuis quelques années. Le message le plus important de son discours vise ceux qui le critiquent et plus particulièrement l’Occident en dressant un parallèle avec la Révolution hongroise : « Être libre signifie que chaque nation a un droit inaliénable de suivre son propre chemin. Le peuple de Petőfi et de Kossuth n’esquisse qu’un sourire lorsque n’importe qui souhaite lui donner des leçons de démocratie et de liberté ». Il s’est ensuite appuyé sur l’exemple de Kossuth Lajos qui a été à l’époque acclamé aux États-Unis, un pays encore esclavagiste.

Petőfi Sándor récite son Chant national sur les marches du Musée National le 15 mars, dans l'après-midi. (Artiste inconnu)

Petőfi Sándor récite son Chant national sur les marches du Musée National le 15 mars, dans l’après-midi. (Artiste inconnu)

Il a clos son discours de la manière suivante : « 167 ans se sont certes écoulés depuis la Révolution mais l’essentiel n’a pas changé. Le combat pour la souveraineté du pays n’est jamais terminé et pour cela, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. L’unité, la foi en la vérité et la résistance mènent à la victoire, seuls les forts restent debout. Nous, Hongrois, sommes à l’aube d’une grande époque. La nation hongroise sera de nouveau grande, digne de son glorieux passé. Honneur aux braves, vive la liberté hongroise, vive la patrie ! ». C’est en reformulant un vers du Nemzeti dal de Petőfi et les mots qu’a prononcé le Premier ministre Batthyány Lajos avant son exécution en 1849 qu’Orbán a terminé son discours.

Le Premier ministre hongrois prononce un discours devant le Musée National Hongrois lors d'une cérémonie officielle. (Photo : MTI/Kovács Tamás)

Le Premier ministre hongrois prononce un discours devant le Musée National Hongrois lors d’une cérémonie officielle. (Photo : MTI/Kovács Tamás)

Des commémorations se sont tenues aux quatre coins du pays, de Nagykanizsa à Debrecen en passant par Szeged. En outre, le Nemzeti dal de Petőfi a été récité l’après-midi dans une centaine de localités au même moment.

Transylvanie

C’était aussi un jour de fête en Transylvanie et dans le Pays sicule, où des batailles majeures se sont déroulées en 1848 et 1849. Quelques jours après la Journée de la Liberté Sicule, plusieurs milliers de personnes ont pris part aux différents rassemblements. A Kolozsvár et à Brassó, le cortège a fait flotter des drapeaux hongrois et sicules mais aussi transylvains et roumains. Ce geste a été chaleureusement salué par le journaliste roumain Lucian Mândruță, bien connu pour avoir plusieurs fois pris la défense de la minorité magyare. Dans un message posté sur les réseaux sociaux, il écrit : « Félicitations aux Hongrois pour le 15 mars ! Respect à ceux qui ont arboré un drapeau roumain. Voici comment cela doit se passer dans un pays normal : célébrer ensemble au lieu de nous détester séparément ». De sages paroles qui contrastent avec le groupuscule Noua Dreaptă (Nouvelle droite) qui a organisé pour la septième fois sa marche en mémoire d’Avram Iancu, leader de la révolte des Roumains de Transylvanie et auteur de plusieurs massacres contre des populations civiles magyares. Quelques douzaines de personnes se sont rassemblés sur la place Avram Iancu – justement – appelée Bocskai tér en hongrois. Ils ont, entre autres choses, déployé un drapeau roumain géant, acclamé le révolutionnaire et revendiqué que Hargita et Kovászna – le Pays sicule – étaient des terres roumaines. Ils ont également promis qu’il feraient tout pour que Sepsiszentgyörgy devienne la capitale de la Roumanie (?!) car la ville se trouve au centre du pays, au cœur de la Roumanie. Cette petite ville sicule a plusieurs fois été le théâtre de provocations de ce groupuscule extrémiste.

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A Sepsiszentgyörgy où des milliers de personnes ont défilé dans les rues, le président de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie (UDMR/RMDSZ) Kelemen Hunor a tenu un discours mais a été plusieurs fois sifflé et traité de « traître ». La population sicule et Transylvanie s’est en effet progressivement éloignée du premier parti ethnique de Roumanie accusant ses dirigeants de ne s’occuper des problèmes de la minorité qu’en période électorale.

Partout ailleurs, le message de l’unité des Hongrois dans une optique de liberté a pu être entendu.

Hongrie Actuelle – avec MTI, hirado.hu et maszol.ro

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