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Hongrie-Roumanie : quand une rivalité va au-delà du sport

Vendredi dernier, les sélections de football de la Hongrie et de la Roumanie se sont affrontées dans un duel crucial en vue de la qualification pour le mondial 2014 au Brésil. Pour les Roumains, c’est le résultat du match qui compte, pour les Hongrois, c’est l’ambiance dans et hors de l’Arène Nationale de Bucarest. En effet, les supporters des deux nations ne se sont malheureusement pas contentés d’encourager leurs sélections. Des affrontements, verbaux et physiques, se sont produits tout au long de la journée et pendant le match.

Depuis déjà longtemps, il régnait une ambiance particulière autour de cette rencontre. D’abord parce que le match aller à Budapest a du se jouer à huit-clos à cause d’une sanction de la FIFA. Ensuite, et ce n’est pas nouveau, parce que ces deux nations ont des différends extra-sportifs. Et quand elles se rencontrent, c’est presque une question d’honneur national quand il s’agit de la Hongrie et la Roumanie. Pour rappel, les Hongrois n’ont toujours pas réussi à digérer l’affront du Traité du Trianon de 1920 qui a (entre autres) donné l’intégralité de la Transylvanie au Royaume de Roumanie. Il faut aussi dire que les Roumains ne se privent jamais de rappeler ce jour noir aux Hongrois.

Vendredi, l’après-midi a été déjà entachée par des affrontements entre la police et les supporters (hongrois et roumains) dès l’arrivée du train en provenance de Budapest. Des projectiles de différentes sortes (chaussures, canettes,…) ont été lancés sur les Hongrois qui ne se sont pas fait priés pour riposter. La police roumaine a du utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser l’émeute. Puis, c’est dans le centre-ville de Bucarest que les choses se sont envenimées. Des scènes quasiment de guerre ont pu être photographiées (voir galerie). Autant dire que le match de 20h avait des antécédents et ne démarrait pas du tout dans des conditions de fair-play.

Surtout que dès la présentation des équipes, l’hymne hongrois (Himnusz) a été copieusement sifflé par près de 40.000 Roumains qui se sont massés dans l’Arena Nationalâ. De plus, ils ont agité des drapeaux et des banderoles marquées de la date « 1918 », celle de la défaite hongroise et de la prise de la Transylvanie. Pendant tout le match, on pouvait entendre des slogans anti-magyars (« Hongrois, hors de Roumanie ! » en référence au million et demi de magyars habitants en Transylvanie). Sur certaines images de la télévision, on aperçoit clairement des supporters lancer des doigts d’honneur en direction de la tribune des visiteurs, occupée par quelques 2800 hongrois.

Sportivement parlant maintenant, le match a été une humiliation. Comme si les insultes des supporters roumains ne suffisaient pas, les joueurs ont donné une vraie leçon d’engagement et de technique. Sous les « România, România ! », Marica n’a pas eu besoin de plus de 2 minutes pour inscrire le premier but du match. Ensuite est venu le tour de Pintilii d’enflammer l’arène bucarestoise avec une somptueuse frappe en lucarne. Enfin, comme un symbole, un coup de grâce, Tanase a scellé la rencontre sur une – nouvelle – grossière erreur défensive. Les joueurs hongrois n’ont pas su répondre présent, honorer le maillot et les supporters venus de Budapest pour les encourager.

La soirée a ensuite été bien moins mouvementée que l’après-midi. Des supporters roumains ont malgré tout lancé des pierres sur le train des Hongrois. La presse magyare a en revanche accusé les « hooligans hongrois » d’avoir « complètement détruit le train et causé des dommages se chiffrant à plusieurs millions de forints ». La Société de Transports Ferroviaires (MÁV Zrt.) a émis un communiqué sur Facebook quelques jours plus tard démentant ces accusations et prouvant la tendance des médias à exagérer et ne pas vérifier leurs sources. Il est dit que l’intérieur du train a été « partiellement endommagé » (rideaux déchirés, évier cassé) mais que les dommages qui effectivement sont les plus graves sont extérieurs (vitres et carrosserie brisées).

Enfin, quelques jours après le match, le service d’assistance juridique des minorités « Mikó Imre », orchestré par une section locale de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie (UDMR) a porté plainte auprès de la FIFA. Reste désormais à voir si les instances du football ne pratiqueront pas de double mesure et condamneront fermement ces manifestations clairement anti-magyares des supporters roumains.

En ce qui concerne les affrontements entre les supporters, je dirais une seule phrase: les Hongrois n’auraient pas du se comporter de cette manière, les Roumains n’auraient pas du provoquer. Mais ce qui est en revanche inadmissible et condamnable quoique l’on dise, c’est l’attitude des supporters roumains dans le stade. Siffler un hymne, scander des chants clairement xénophobes et lancer des doigts d’honneurs aux visiteurs n’est pas un comportement à avoir dans une enceinte sportive. J’espère réellement que la FIFA ne va pas fermer les yeux là-dessus. En attendant, malgré leur défaite à Bucarest, la sélection hongroise conserve une – infime – chance de jouer les barrages…en cas de victoire aux Pays-Bas…

© Hongrie Infos

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